Faux de l’Intelligence Service : les timbres les plus mystérieux de la philatélie française
Newsletter de la maison Calves #91
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Faux de l’Intelligence Service : les timbres les plus mystérieux de la philatélie française
Parmi les productions philatéliques de la Seconde Guerre mondiale, les faux de l’Intelligence Service occupent une place à part. Il s’agit non pas d’émissions de circonstance imaginées par des collectionneurs, mais de véritables opérations conduites par les services secrets britanniques - dont les modalités restent, pour l’essentiel, enveloppées de mystère. Ce que nous en savons aujourd’hui, G. Rocaries le restitue avec brio dans l’article que nous republions aujourd’hui, paru initialement dans Philatélie en avril 1969.
“Sous la dénomination de « Tirage de Londres », plusieurs catalogues mentionnent et cotent une série de timbres « imprimés à Londres par feuillets de 20, gommés, destinés à l'affranchissement de la correspondance de l'Intelligence Service, pendant l'occupation allemande ».
La série complète comprend 12 timbres, aux types Iris, Mercure et Pétain :
1 valeur au type Iris : 1,50 F orange:
2 valeurs au type Mercure : 25 c vert et 30 c rouge;
9 valeurs au type Pétain : 30 c rouge; le même 30 c rouge mais avec le profil de Laval ; 50 c vert ; 70 c orange vif ; 1 F carmin ; 1,20 F brun rouge ; 1,50 F brun clair ; 1,50 F rose (rarissime) et 2 F vert.
L'émission de ces faux timbres français en Angleterre, durant la Seconde Guerre mondiale, constitue encore de nos jours une énigme. Quelle autorité avait donné l'ordre d'émettre ces timbres ? De quelle façon furent-ils émis ? Par quels imprimeurs furent-ils fabriqués ? Autant de questions restées sans réponses.
L'étude des « Faux de Londres » paraît donc extrêmement intéressante tant au point de vue philatélique qu'au point de vue historique. (…)
Historique
Pendant la dernière guerre, à Londres, un éminent philatéliste anglais, Mr. F.G. Davis, avait l'habitude de se rendre quelques fois par semaine chez un petit marchand de timbres-poste installé dans la « Rue de C.C. », Charring Cross, à côté de « Trafalgar Square ».
Lors de l'une de ces visites, en 1943, le marchand proposa à Mr Davis des feuillets de 20 timbres français aux types Iris, Mercure et Pétain ; il y avait aussi des timbres détachés. Intrigué par le format inhabituel des feuillets qui mesuraient de 110 à 130 mm, Mr Davis comprit que ces timbres français n'avaient pas pu être imprimés en France; il acheta les feuillets pour lui et ses amis.


Le lendemain, Mr Davis fit part de sa découverte à Mr W.H. Newport, employé à la maison de timbres Wingfield (maintenant réunie à l'organisation Stanley Gibbons). Vivement intéressé, Mr Newport acheta le stock de timbres détachés restant, et communiqua la sensationnelle nouvelle au journal philatélique Stamp Collecting.
Mr Davis essaya de se documenter auprès des imprimeurs « Harrison and Son » et « Thomas de la Rue », mais ceux-ci se refusèrent à toute déclaration, car il s'agissait d'un « secret de guerre ». Plus tard, Mr Davis apprit seulement que les feuillets avaient été livrés aux enchères après le départ du Général de Gaulle en Afrique du Nord ; deux marchands (dont celui de Mr Davis) s'étaient portés acquéreurs du lot.
L'existence de ces feuillets de faux timbres français souleva naturellement un très grand intérêt et aussi une très grande perplexité parmi les milieux philatélistes de Londres ; des histoires plus ou moins fantaisistes furent inventées pour essayer d'expliquer leur existence. Cependant, malgré de nombreuses enquêtes, il ne fut pas possible de recueillir le moindre renseignement sur l'autorité ayant donné l'ordre, sur l'émission et la fabrication de ces timbres ; les services officiels observaient en effet à ce sujet le mutisme le plus complet.
Faute de documentation authentique, il fut donc considéré comme très probable que les feuillets de faux timbres français avaient été imprimés à Londres par ordre supérieur, à l'intention des agents anglais envoyés en mission en France auprès des Résistants, pour leur faciliter l'envoi de leur correspondance sans avoir à se faire remarquer dans un bureau de poste français ; le format réduit des feuillets devait en permettre une meilleure utilisation.
Cette explication est parfaitement plausible. Mais en réalité les faux timbres ne furent certainement jamais utilisés puisque les feuillets furent livrés aux enchères.
Les feuillets
Le chiffre exact de tirage de chaque timbre est inconnu ; mais il est certainement peu élevé et ne dépasserait pas 5 feuillets pour le 1,50 F rose, soit un total de 100 timbres seulement.

Les douze feuillets présentent quelques différences sensibles :
Le feuillet au type Mercure 30 c rouge est composé de 16 pièces, alors que tous les autres feuillets comprennent 20 timbres.
Sur 11 feuillets de 20 timbres, 7 ont la forme d'un grand carré, et 4 celle d'un petit carré.
Les perforations avant servi à la dentelure des timbres se retrouvent sur une seule marge; marge inférieure sur 9 feuillets, marge droite sur 3 feuillets.
Les timbres des divers feuillets ont en principe la même dentelure que les originaux, sauf pour les 4 timbres suivants : Iris 1,50 F orange, Mercure 30 c rouge, Pétain 1 F carmin et 1,50 F rose.
Le papier utilisé pour l'impression des 4 timbres signalés au-dessus, est beaucoup plus mince que celui utilisé pour les autres.
Toutes ces différences laissent supposer que les reproductions furent peut-être l'œuvre d'au moins deux imprimeurs, mais ce n'est pas certain. (…)
A noter l’existence d’un type Pétain 30 c rouge, avec juxtaposition du profil de Laval. Les Anglais pensaient que ce feuillet avait été émis dans un but de propagande contre le ministre détesté du régime de Vichy. Très peu de feuillets complets ont été conservés ; en effet il y avait un paquet de 100 feuillets, mais la presque totalité était collée par suite de l'humidité ; seuls une dizaine de feuillets a pu être sauvée, mais encore faut-il préciser que les feuillets portent des traces de léger décollage sur 2 ou 3 timbres. (…)

Différences avec les originaux
L'examen des planches de timbres authentiques et des feuillets de faux permet de relever quelques différences valables pour toutes les valeurs :
A l'exception du timbre au type Mercure 30 c rouge qui fut imprimé en feuilles sans fin pour roulettes, tous les autres timbres authentiques furent imprimés en typographie par rotatives en feuilles de 100 avec coins datés. Les faux furent imprimés en offset par feuillets de 20 (16 pour le feuillet au type Mercure 30 c rouge).
Les marges supérieures et inférieures des feuilles de 100 timbres authentiques portent des barres plus ou moins nettes, de la couleur du timbre. Les quatre marges des feuillets de faux timbres sont blanches.
Les perforations ayant servi à la dentelure des timbres authentiques se retrouvent sur les marges supérieures et inférieures des feuilles de 100. Les perforations ayant servi à la dentelure des faux se retrouvent sur une seule marge des feuillets.
Tous les timbres authentiques sont dentelés 14 × 13 1/2. La plupart des faux timbres ont la même dentelure que les originaux, sauf les timbres suivants : Iris 1,50 F orange, Mercure 30 c rouge, Pétain 1 F carmin et 1,50 F rose qui sont dentelés 15 x 14. De ce fait, ces 4 timbres ont chacun 1 dent de plus que les originaux, tant sur le côté horizontal que sur le côté vertical.
Bien qu'il ne s'agisse pas d'une différence essentielle, il convient de noter que le papier utilisé pour l'impression des timbres authentiques est plus ou moins transparent, blanc ou brunâtre. En fait, toutes sortes de papier furent utilisées en France pendant la guerre. Les couleurs sont foncées, les détails des dessins sont flous. Le papier utilisé pour l'impression des faux est mince, surtout pour les timbres ayant une dentelure différente des timbres originaux. Les couleurs sont ternes, mais par contre les dessins sont nets et les détails très apparents.
Enfin, la légende « République Française » ou « Postes Françaises » est formée de lettres minces et peu apparentes sur les timbres originaux. Les mêmes légendes sont formées de lettres grasses et nettement apparentes sur les timbres faux. (…)
G. ROCARIES”
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