Inde française hier, TAAF aujourd’hui : deux timbres qui n'auraient jamais dû voir le jour
Newsletter de la maison Calves #83
Il n’existe pas de meilleur moyen de parfaire sa culture philatélique qu’en se plongeant dans la lecture de la presse et des publications anciennes, dans lesquelles se trouvent quantité d’informations précieuses et érudites.
C’est la raison pour laquelle nous republions chaque semaine une pépite issue de la littérature et que nous la partageons avec vous via notre newsletter.
Si cet article vous intéresse, n’hésitez pas à le commenter, à le “liker” ou, mieux encore, à le transférer à d’autres philatélistes ou à le partager sur vos réseaux.
Notre newsletter a également vocation à vous tenir informés de nos actualités, telles que les dates de nos ventes flashs ou nos participations à des salons, mais aussi à vous donner des “trucs d’expert”. Lisez-la régulièrement pour ne rien manquer !
Actualités de la maison Calves :
Notre vente flash est en cours. De nombreux lots ont déjà trouvé preneurs, mais il reste encore de belles opportunités, proposées à des prix attractifs, et qui méritent toute votre attention ! Voir tous les lots
Nous remercions chaleureusement les associations philatéliques qui nous ont sollicités pour devenir partenaires, suite à notre précédente newsletter, Ces associations jouent désormais un rôle central d’intermédiaire entre les collectionneurs et la Maison Calves pour les demandes d’expertise. Concrètement, elles effectuent un premier tri des timbres soumis par leurs membres, en vérifiant qu’ils relèvent bien de notre champ d’expertise, qu’ils présentent un intérêt réel et qu’il ne s’agit pas de faux manifestes, et elles assurent ensuite le relais avec nous : transmission des envois, communication des résultats, gestion des frais et restitution des timbres.. Ce mécanisme nous permet de donner de nouveau accès aux particuliers à l’expertise, dans un cadre fiable et serein.
Si vous représentez une association qui n’a pas encore pris contact avec nous, n’hésitez pas à nous écrire dès maintenant : nous sommes à votre disposition pour vous expliquer le dispositif et vous intégrer à ce réseau. La liste des associations partenaires sera publiée très prochainement, à la fois sur notre site et dans cette newsletter.
Actuellement dans notre vente flash :
N°65 - Type Sage - 10 c. vert (I) - neuf* - TB - signé et avec certificat Calves - 240 euros
Taxe n°39 - 1 f. rose sur paille - neuf* - TB - signé et avec certificat Calves - 195 euros
Quand l’administration se trompe de temple : naissance d’un non-émis
Après l’histoire des non-émis de poste aérienne du Maroc évoquée il y a deux semaines, nous poursuivons cette semaine dans la même veine avec un presque non-émis, cette fois-ci d’Inde française. Il s’agit d’un timbre qui n’a jamais été mis en vente sur son territoire de destination, et qui est resté en vente en métropole pendant à peine un mois. Pourquoi ? C’est ce que nous vous proposons de découvrir dans l’article issus du journal Le Timbre d’octobre 1948 que nous republions ci-dessous. Contrairement à ce que l’on a cru initialement, ce court laps de temps a suffi pour que de nombreux exemplaires soient écoulés, ce qui explique sa cote très raisonnable au catalogue Yvert et Tellier : 15 €. Si nous vous en parlons aujourd’hui, ce n’est pas un hasard : cette histoire fait écho à un cas presque identique qui vient de survenir pour un timbre des TAAF, sur lequel nous vous éclairons également. Bonne lecture !
“L’affaire du 3 Roupies a soulevé et soulève encore bien des remous dans la paisible mare philatélique. Et non seulement dans les rangs des spéculateurs, ce qui est logique, mais aussi parmi les collectionneurs « organisés », ce qui l'est beaucoup moins.
Rappelons les faits. Le 7 juin, l'administration coloniale met en vente à Paris un nouveau timbre avion pour l'Inde dont le sujet est un temple hindou. Une légende mensongère le présente comme celui de Chindambaram. En réalité, une confusion impardonnable a fait reproduire le célèbre temple de Madura, ville l'ex-présidence de Madras, donc absolument étrangère nos comptoirs séculaires.


Représentations diplomatiques, affolement des autorités françaises. Le 7 juillet, retrait précipité des guichets de Paris. Le timbre, dont aucun envoi n'a été fait à la colonie, n'en est pas moins officiellement démonétisé et les cinq bureaux français de l'Inde reçoivent des instructions impératives pour ne pas accepter les figurines qui pourraient leur être présentées pour l’affranchissement.
Jusque-là rien que de très louable. L'administration a fait une énorme sottise ; elle la répare dans toute la mesure de ses moyens. Et, pour que les acquéreurs métropolitains ne puissent arguer d'un préjudice, elle offre le remboursement des figurines. Ne rions pas de cette dernière précaution, elle ne vise qu'à ruiner un mauvais argument que certains auraient soulevé.
Ici les choses se compliquent. N'ayant rencontré que de rares amateurs, le 3 Roupies s'est peu vendu. Il n'y a pas de stocks, aussi la spéculation saute sur l'aubaine. Les prix s'affolent et voilà plongés dans la consternation une foule de braves gens qui, tout soudain, ne sauraient plus vivre sans ce 3 Roupies dont, la veille encore, ils soupçonnaient tout juste l'existence.
Aucun ne s'avise que c'est précisément le petit nombre des acquéreurs au guichet qui a fait monter le timbre et qu'il n'est pas de moyen plus infaillible de le faire retomber que de le remettre en vente. Aucun surtout ne songe à se réjouir d'un retrait qui, en fin de compte, se traduit pour le collectionneur de vrais timbres par une nouveauté de moins à acheter. Mais qu'importe la logique ! Il y a beau temps qu'elle est bannie du pays de Descartes.
On veut les 3 Roupies, le sort de la philatélie en dépend. C'est, en personne, le président de la Fédération qui l'écrit expressément, le 19 juillet, au ministre de la France d'Outre-Mer, et voici son incroyable doctrine : “Le timbre de 3 Roupies de l’Inde, même s'il n'a pas été vendu à la colonie, ne peut être considéré comme un timbre non émis, puisqu'il a été mis en vente à l’Agence comptable et que, de ce fait, pendant ce délai, il avait néanmoins pouvoir d'affranchissement, de même que les émissions vendues à l'Agence pendant l'occupation.”
On se frotte les yeux pour être bien sûr de ne pas rêver. Ainsi les Cameroun sans RF, imperturbablement vendus sous Vichy par l'Agence comptable en 1944, avaient pouvoir d'affranchissement ! Où ? Dans la lune ?

Dans notre candeur naïve, nous pensions qu'un timbre colonial, qu'il soit du Cameroun, de l'Inde ou même des îles Wallis, devait, PAR DEFINITION MEME, pouvoir affranchir un pli au départ du Cameroun, de l'Inde ou des îles Wallis et que, même débité dans la métropole tout frais sorti des presses métropolitaines, il devait, pour justifier sa qualité, avoir ce pouvoir au moins en puissance.
Il paraît que nous faisons fausse route et que le seul fait d'avoir été vendu aux seuls collectionneurs confère miraculeusement à une figurine le titre de timbre-poste colonial. A quel philatéliste éclairé fera-t-on avaler pareille sornette? Pour lui, la véritable date d'émission d'un timbre colonial est le premier jour de sa vente dans la colonie et peu importe que cette date précède ou suive celle de sa vente dans la métropole.
La seule date qui consacre la qualité d'un timbre-poste est celle à partir de laquelle il a la possibilité matérielle de remplir son office. Si cette date ne vient jamais, il ne sera jamais qu'un non-émis. Et nous sommes navrés de devoir donner raison à l'administration contre les philatélistes - ou du moins à ceux qui parlent en leur nom - lorsque nous lisons dans la fin de non-recevoir opposée par le ministre : “Avant d'avoir une valeur philatélique quelconque, les timbres-poste ont pour but essentiel de servir à des fins postales.”
C'est là une vérité oubliée que l'on aimerait voir figurer en exergue sous la manchette du Bulletin de la Fédération et en article premier des statuts de toutes les sociétés philatéliques. Que d'abus, que de fautes auraient été évités, qui firent et continuent de faire tant de mal à la philatélie, si elle était toujours présente à notre esprit. Et il est bien savoureux qu'elle nous soit rappelée par l'administration, puisque cette vérité est au premier chef la condamnation de ses propres méthodes de vente.
Il n'y aurait jamais eu d'affaire du 3 Roupies si l'Agence comptable faisait siens les principes des agents de la Couronne qui jamais ne mettent en vente, à Londres, une nouveauté coloniale qu'avec la certitude qu'elle sera le même jour aux guichets d'outre-mer. Aussi n'y a-t-il aucun non-émis dans la collection britannique. C'est là le bon sens, et il est inconcevable que la Fédération n'ait jamais inscrit au premier rang de ses revendications l'observation de cette règle par notre administration coloniale.”
Actuellement dans notre vente flash :
N°36 - Cérès - 10 c. bistre-jaune - neuf* - signé et avec certificat Calves - 195 euros
De l’Inde française aux TAAF : même erreur, mêmes effets
Si vous n’avez pas encore eu vent de l’affaire - ce que nous espérons, puisque c’est précisément l’objet de cette newsletter de vous informer - prenez un instant pour observer ce diptyque des TAAF et demandez-vous si vous auriez été plus vigilant que les services de contrôle de l’administration postale. L’un des deux timbres comporte en effet une erreur majeure. La voyez-vous ?
Oui, vous avez bien vu : sur le timbre de droite, le nom du territoire émetteur - Terres australes et antarctiques françaises - a tout simplement été omis. Or, comme vous le savez, un seul pays au monde est autorisé à ne pas faire figurer son nom sur ses timbres : le Royaume-Uni, privilège hérité du fait qu’il a émis le tout premier timbre-poste de l’histoire, le Penny Black.
En raison de cette erreur, ce diptyque,qui représentait la forstérite, un minéral très présent aux îles Kerguelen et Crozet, a été retiré de la vente fin janvier, après n’être resté disponible aux guichets que quelques semaines. Une version corrigée a fait l’objet d’un nouveau tirage et est proposée à la vente depuis le 5 février.
Combien d’exemplaires erronés ont-ils été vendus ? C’est la question que tout le monde se pose. Les estimations raisonnables évoquent entre 1 000 et 2 000 exemplaires. Il n’en fallait pas plus pour déclencher une spéculation éclair : de source sûre, certains exemplaires ont été proposés - et vendus - à plus de 500 € par des négociants parisiens.
En revanche - et c’est la mauvaise nouvelle pour les abonnés - ils ne les recevront pas : les timbres déjà conditionnés pour l’envoi ont été retirés et détruits…
Actuellement dans notre vente flash :
Grandes séries coloniales - Pierre et Marie Curie - les 21 valeurs - neufs** - SUP - 175 euros
N°YT 208 - Merson - neuf** - TB - signé et avec certificat Calves - 145 euros
N°78 - Type Sage - 25 c. outremer (II) - neuf* - TB - signé et avec certificat Calves - 135 euros
Sénégal - n° 2 - oblitéré - TB - signé et avec certificat Calves - 105 euros
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Merci pour cet article qui m'en apprend beaucoup sur ce sujet ! Cela semble assez courant en philatélie, la spéculation ayant toujours des adeptes !
Merci beaucoup
Les spéculateurs ont bien empoisonné la philatélie !!