Orléans 1953 : chronique d’un service postal improvisé
Newsletter de la maison Calves #84
Il n’existe pas de meilleur moyen de parfaire sa culture philatélique qu’en se plongeant dans la lecture de la presse et des publications anciennes, dans lesquelles se trouvent quantité d’informations précieuses et érudites.
C’est la raison pour laquelle nous republions chaque semaine une pépite issue de la littérature et que nous la partageons avec vous via notre newsletter.
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Actualités de la maison Calves :
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Nous sommes toujours heureux de recevoir des retours et des compléments à nos articles. Cela a encore été le cas après notre newsletter consacrée au timbre de poste aérienne d’Inde française retiré de la circulation pour une… erreur de temple. Cette erreur n’était pas anodine : le monument représenté n’était pas celui de Chidambaram, situé dans les Établissements français de l’Inde, mais le temple de Madura (Madurai), en Inde indépendante. Une confusion géographique qui a entraîné le retrait précipité du timbre. L’un de nos lecteurs, M. Pascal Liévin, nous a envoyé le visuel d’une pièce tout à fait remarquable : l’une des rares lettres ayant réellement circulé avec le timbre. Rappelons que celui-ci n’a été mis en vente qu’en métropole, jamais dans la colonie, puisqu’il a été retiré dès la découverte de l’erreur. Pour qu’une lettre puisse circuler malgré tout, il a fallu l’initiative d’un collectionneur qui a envoyé le timbre à un correspondant en Inde française, avec la consigne de le réexpédier - en l’occurrence vers la Tunisie, où il résidait. L’administration, de son côté, a appliqué strictement les consignes. Le timbre a été considéré comme sans valeur d’affranchissement et la lettre a reçu la mention manuscrite : « Lettre sans valeur d’affranchissement aux E.F.I., à taxée (sic) à l’arrivée », datée et signée par le receveur. Et la taxe a bien été perçue à l’arrivée. Il en résulte un document postal de tout premier intérêt, à la fois témoin d’une bévue administrative et de la rigueur avec laquelle elle a été corrigée.
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N°YT 701A à 701F - Série de Londres - neufs** - TB - signés et avec certificat Calves - 235 euros
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Orléans 1953 : chronique d’un service postal improvisé
Rappelez-vous ce temps où Internet et les e-mails n’existaient pas. Les entreprises vivaient alors au rythme du courrier : factures, devis, commandes… tout transitait par la poste. Qu’une grève éclate, et l’activité commerciale se trouvait aussitôt ralentie, parfois paralysée. Dans ces moments de blocage, certaines chambres de commerce prenaient l’initiative d’assurer elles-mêmes l’acheminement du courrier à l’échelle régionale. L’idée n’était pas absurde - la plupart des échanges commerciaux se nouaient alors dans un périmètre relativement proche. C’est ainsi qu’en 1953, la Chambre de commerce d’Orléans décida non seulement d’organiser un service postal de substitution… mais aussi d’émettre, pour l’occasion, ses propres timbres privés. Ne nous leurrons pas : l’intention philatélique n’était pas étrangère à l’opération. Si certains plis ont répondu à un besoin commercial réel, nombre d’entre eux n’ont en revanche été fabriqués que pour être récupérés par les collectionneurs… Voici donc leur histoire, telle qu’elle fut racontée dans le n°13 du magazine Philatélie.
“(…) Le 5 août 1953, la poste arrêtait le travail, suivie bientôt par la S.N.C.F. La France entière était paralysée. On eut conscience aussitôt, étant donné la tournure que les événements prenaient, que cela devait durer longtemps ; cela dura plus d'un mois.

C'est pourquoi, dès le début, le 8 août, la Chambre de Commerce d'Orléans et du Loiret décidait de se substituer aux P.T.T. défaillants à l'intérieur du département. Un accord avec la Chambre de Commerce de Paris, une entente avec le Ministère à Paris et le préfet à Orléans et, le 11 août, la presse locale publiait le communiqué suivant : « En vue de maintenir l'activité économique nécessaire à la vie du pays et de garantir le plein emploi de la main-d'œuvre, en évitant le chômage, la Chambre de Commerce d'Orléans et du Loiret a décidé de mettre sur pied, avec le concours des unions locales de commerces des cités les plus importantes de la région, un système d'acheminement de la correspondance. »
Strictement commerciale, la correspondance devait porter en entête la raison sociale de l'expéditeur et ne pouvait être adressée qu'à un organisme industriel ou commercial. Les plis, qui ne devaient pas dépasser le poids de 100 grammes, étaient préalablement affranchis normalement à l'aide d'un timbre à quoi était adjoint, aux lieux de dépôt du courrier (secrétariat de la Chambre de Commerce, à Orléans, unions locales dans le reste du département) un timbre émis par la Chambre de Commerce. Il en coûtait 10 francs (anciens, naturellement !). Les timbres n’étaient pas vendus directement aux usagers ; ceux-ci payaient la taxe et la vignette était apposée sur les plis par les employés.

Le courrier devait être déposé, à Orléans, au secrétariat de la Chambre de Commerce, ailleurs, aux différentes unions locales, avant 18 heures. Autocars, camionnettes et voitures particulières se chargeaient du transport. La distribution était faite le lendemain dans la matinée.
Deux timbres furent utilisés ; ils portent tous deux la même inscription : « CHAMBRE DE COMMERCE D’ORLEANS ET DU LOIRET - 10 F - TAXE D’ACHEMINEMENT ». Le premier type, dont il existait, au moment des grèves, un stock de quelque 5 000 exemplaires, imprimés en 1947 en prévoyance d’un arrêt des postes qui n’eut pas lieu, se présente sous l’aspect de feuilles de huit (deux rangées de quatre timbres) ; le papier en est jaunâtre ; l’impression en est rouge. Les deux bandes de timbres ne sont pas toujours exactement disposées l’une par rapport à l’autre ; la couleur de l’encrage varie aussi. La dentelure linéaire est 11 1/2.
Le second type, imprimé en 1953 par l’imprimerie de la Chambre de Commerce, se présente sous l’aspect de feuilles de dix, disposées en deux rangées horizontales de cinq. Le papier utilise, couché et glacé, est de teinte bleue au recto, blanche au verso. Le texte est d’un rouge brunâtre. La dentelure est 11 1/2. Le tirage comptait mille feuilles, soit 10.000 timbres.
Les variétés sont assez nombreuses, particulièrement dans le premier type ; quelques timbres du second type ne sont pas dentelés à droite ou à gauche. Il existe des impressions recto-verso sur les timbres bleus.
L'oblitération était faite à la Chambre de Commerce à l'aide de cachets utilisés par le secrétariat pour le classement de la correspondance et des archives. Elle portait à la fois sur le timbre des P.T.T. et sur celui de la Chambre de Commerce. Les cachets, qui figurent la République, ne sont pas tous identiques ; les oblitérations sont souvent de qualité médiocre.
Les timbres du premier type ont presque tous été utilisés ; les timbres bleus n'ont servis que durant quelques jours; il en restait environ 8 000 à la fin de la grève. Avant d'être soigneusement rangés dans des boîtes, ils ont été surchargés de la mention « + 5 », car on trouvait que l'opération n'avait pas été rentable financièrement. Il existe fort peu de timbres du premier type, la plupart ayant été détruits, avec les enveloppes sur lesquels ils étaient collés, par les destinataires.

Ce service postal intérimaire a fonctionné du mardi 11 août 1953 au mardi 25.”
Actuellement dans notre vente flash :
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